NOTICE NECROLOGIQUE SUR ANTOINE GROUYELLE par H. Desbordes. Antoine Grouvelle fut un entomologiste dont le nom restera. Bien que l'étude des insectes n'ait été dans sa vie que l'accessoire, il l'a poursuivie avec une telle passion, il y a apporté de telles qualités de pénétration et de patience intelligente que ses travaux, presque uni-quement consacrés à une famille de Coléoptères nombreuse et peu connue en France avant lui, ont fait et feront longtemps autorité et permettent de dire que leur auteur fut vraiment un savant. L'épithète paraîtra peut-être ambitieuse et certains diront qu'il est excessif de l'appliquer à un entomologiste qui n'a à son actif que des travaux de systématique et qui n'a rien écrit sur l'anatomie ni sur la biologie des insectes. Je crois cependant qu'on peut la maintenir. Antoine Grou-velle possédait en effet une haute culture mathématique et tout ce qui est sorti de sa plume porte cette empreinte de netteté et de pré-cision que présentent les œuvres des esprits scientifiques. Qu'il décrive un insecte, qu'il résume la faune d'un pays, qu'il publie une mono-graphie ou un simple tableau dichotomique, on se sent en présence d'une chose bien faite et qui inspire confiance. Son œuvre est à la fois importante et impeccable; c'est bien une œuvre de savant. Antoine Grouvelle, nous l'avons dit, ne faisait cependant, de l'en-tomologie qu'une sorte de récréation. Sa situation d'ingénieur des Manufactures de l'État absorbait en effet le meilleur de son existence laborieuse. Il trouvait le temps, néanmoins, au milieu de ses occu-pations professionnelles, d'élaborer ces mémoires et ces notes sur les Cucujides, d'abord, puis sur toute la famille si nombreuse des Clavi-cornes, qui ont fait de lui un maître en la matière et lui ont valu la plus saine notoriété, non seulement en France, mais aussi et surtout peut-être à l'étranger. Depuis 1871, date de sa première note, jusqu'en 1918, il est peu d'années où il n'ait publié tout au moins quelques descriptions et bien souvent de véritables mémoires. Quicon(iuo sait la difficulté que présente ce genre de travaux se rendra aisément compte du labeur énorme qu'a exigé ce long effort et ne constatera pas sans quelque surprise l'aisance avec laquelle il a été accompli par un homme qui avait par ailleurs, pour le compte de l'État, charge de