MEMOIRE SUR tES Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce, Par M, le docteur J. GIRAUP, (Séance du 27 Juin 1866.) Dans les Annales de notre Société pour l'année 1860, t. IX, p. 1, MM. Léon Dufour et Edouard Perris ont publié un excellent Mémoire sur les Insectes hyménoptères qui nichent dans les tiges sèches de la Ronce (Rubus fruticosus). Ils ont donné des détails fort intéressants et pour la plupart nouveaux sur les mœurs de 27 espèces de diverses familles, et ont exposé beaucoup de métamorphoses avec le talent d'observation qui distingue tous leurs travaux. De très-bonnes planches accompagnent le texte et en rendent l'intelligence très-facile. Ces auteurs , pressentant que le sujet était loin d'être épuisé, faisaient espérer que leurs observations seraient continuées ; ce qui ne s'est pas réalisé, au regret des amis de la science entomologique. Depuis plusieurs années j'ai porté mes recherches sur le même sujet et j'ai surtout profité de mon séjour à Grenoble, en 1865 , pour les multiplier. Le but de ce travail est de faire connaître les résultats que j'ai obtenus et d'apporter une pierre à l'édifice commencé par mes savants devanciers. Comme eux, je sens qu'il reste encore beau- coup à faire et je ne doute pas que plus d'un fait intéressant et nouveau ne soit le fruit de nouvelles investigations , surtout si elles sont exécu- tées dans les diverses contrées de l'Europe. Mon travail sera plutôt un commentaire du mémoire précité qu'une œuvre originale; mais j'ose espérer que plusieurs faits nouveaux que j'ai eu le bonheur de constater et, surtout, le soin scrupuleux que j'ai apporté dans l'examen des espèces et la fixation de leur synonymie, selon le système aujourd'hui reçu, lui mériteront un accueil bienveillant. L'observation rigoureuse des Insectes qui vivent, à des titres divers, sur AVl J. GlRAUD. une même plante, est pleine d'enseignements instructifs et du plus grand intérêt, non-seulement parce qu'elle nous initie à la connaissance des mœurs des espèces et de leur admirable instinct, mais aussi parce qu'elle nous fournit les moyens d'en connaître exactement les deux sexes, sou- vent fort disparates. Cet avantage se fait surtout sentir à l'époque actuelle où les collections sont encombrées d'espèces trop souvent dépareillées, sur lesquelles l'observation seule de l'éclosion, à défaut de l'accouplement, peut fournir la lumière désirable. Les modèles de ce genre d'étude sont déjà nombreux, et, pour n'en citer qu'un parmi les auteurs modernes français, je choisirai le beau travail de M. E. Perris sur les Insectes du Pin maritime. Il est à souhaiter, dans l'intérêt de la science entomologique, que ces exemples trouvent de nombreux imitateurs. De leur aveu , les auteurs du mémoire, n'ayant pas eu à leur disposition le grand ouvrage de Gravenhorst sur les Ichneumoniens, n'ont pu ranger leurs espèces dans les genres adoptés par cet auteur et les ont laissées clans le genre ïchneu- mon des anciens. J'ai rectifié sous ce rapport la synonymie et recherché avec soin les espèces qui, ayant été déjà décrites sous d'autres noms, for- ment double emploi. Un certain nombre d'autres, que je n'ai trouvées ni dans Ylchneumonoloffia europea ni ailleurs, méritent d'être conservées. Quant à la question du parasitisme de quelques espèces, j'ai émis une opinion contraire à celle de MM. Dufour et Perris, m'appuyant à la fois sur mes propres observations et sur celles de quelques auteurs qui viennent les confirmer. Les causes d'erreur dans ce genre d'étude sont nombreuses et l'on ne saurait trop se tenir en garde contre des apparences insidieuses et contre les systèmes établis a priori par quelques auteurs. Quoi de plus naturel, en voyant si souvent les cellules du Trypoxyion figulus et celles du Cemonus unicolor étagées en chapelet dans la même tige, de penser, comme l'ont fait MM. Dufour et Perris , que l'une des espèces est parasite de l'autre? Il n'en est rien cependant. Mais la difficulté, qui est presque insurmontable dans certaines circonstances, disparaît sans peine quand on peut observer dans un moment opportun. Ces auteurs ont rencontré 27 espèces à' Hyménoptères dans la ronce sèche. La liste de celles que j'ai obtenues atteint un nombre presque double, dans lequel se trouvent aussi quelques Coléoptères, et je suis loin de penser qu'il ne puisse être beaucoup augmenté par de nouvelles et patientes recherches. Pour le moment, les espèces nidifiantes, qui étaient au nombre de 12 pour les auteurs du mémoire, sont portées à 24, dont 10 de la famille des Anthophiles, 3 de celle des Vespiens, 8 de celle des Fouisseurs et 3 de celle des Formiciens. Leurs parasites, qui sont nom- Insectes gui habitent les tiges sèches de la Hoiice, /i&5 breux et de genres variés, s'attaquent quelquefois à une espèce détermi- née : dans d'autres cas, ils sont moins exclusifs dans le choix de leur victime et s'adressent à des espèces quelquefois de plusieurs genres, pourvu que les larves dont leur progéniture doit se nourrir puissent four- nir une alimentation suffisante. Cette prévoyance de la mère n'est jamais en défaut. Quelquefois elle sépare les sexes et confie les mâles, qui sont généralement plus petits, à des espèces dont la taille est en rapport avec la leur; tandis que les femelles dévorent des espèces différentes et de plus forte taille. Rien de plus merveilleux et de plus varié que l'industrie des espèces nidifiantes. Chacune arrive à construire ses nids par des pro- cédés qui lui sont propres et sait déterminer, avec une précision remar- quable, la quantité d'aliments nécessaire à la nutrition de la larve de la nouvelle génération. En effet, les provisions épuisées, la larve n'a plus de besoins; elle reste dans l'inaction pendant un temps variable, mais quel- quefois fort long, jusqu'à ce qu'arrive le moment de la transformation en nymphe. Mais quels que soient les moyens employés à l'édification des nids, aucune espèce n'échappe aux atteintes des parasites, et rien n'entrave leur mission de conserver un juste équilibre dans la multiplication de leurs victimes. Le nombre considérable des espèces que l'on peut rencontrer dans la ronce et la facilité avec laquelle on acquiert des indications précieuses sur leurs mœurs offrent à l'entomologiste un grand intérêt. Pour la majeure partie, il suffit de rechercher pendant la saison froide les tiges sèches de la ronce qui sont perforées à l'un des bouts, en les coupant à une dis- tance convenable pour ne pas s'exposer à endommager le chapelet, quel- quefois fort long , des cellules qu'elles peuvent contenir. A moins que ces tiges n'aient un trop grand air de vétusté , il est probable qu'elles seront habitées. Les Insectes ne peuvent pas entamer la partie ligneuse des tiges ; celles qui sont entières ne contiennent rien. Il faut qu'elles aient été coupées ou fracturées et que la moelle soit à découvert dans un point, pour qu'ils puissent commencer leurs travaux. C'est surtout le long des chemins que l'on peut espérer de rencontrer les nids, parce que c'est là que les ronces sont le plus souvent coupées, soit par accident, soit pour arrêter leur trop grande extension. Pour favoriser l'établissement des nids dans les lo- calités à la convenance de l'observateur, il suffit de donner un coup de serpette aux tiges que l'on juge propres au besoin des Insectes et d'en sé- parer complètement le bout, en ayant la précaution que la surface de la section du tronçon principal qui reste en place soit dirigée en bas. De hhQ J. GlRAUD. cette manière les ouvrières trouvent les conditions qu'elles recherchent. Leurs premiers travaux sont masqués par l'espèce de toit que forme la section en biseau, et, ce qui est bien plus essentiel, l'orifice de la galerie se trouve protégé contre la pénétration de l'eau des pluies, qui deviendrait funeste aux nids. Les Insectes, il est vrai , à défaut d'une place convena- ble , savent parer aux inconvénients de celle que la nécessité les oblige d'accepter. Ils pratiquent d'abord obliquement l'entrée de la galerie et changent ensuite de direction pour descendre dans la tige , de telle sorte que le canal creusé forme un coude à peu de distance de son origine. Les dangers de la pénétration de l'eau se trouvent ainsi évités ou au moins diminués. En préparant, comme je l'ai dit, les tiges de diverses dimen- sions, j'ai presque toujours réussi à y attirer les Insectes, et le léger ser- vice que je leur rendais a été largement payé par l'abondance de la ré- colte. J'ai obtenu de cette manière de nombreuses éclosions, parmi lesquelles étaient des espèces que je ne n'ai jamais rencontrées en liberté. L'observation des premiers états, quand elle est possible, est, sans doute, le meilleur moyen d'enrichir une collection : pour ma part, je possède des espèces, par centaines , que je n'ai jamais pu acquérir autrement, quoique plusieurs paraissent ne pas être très-rares. Leur courte existence à l'état parfait et, surtout, leurs habitudes que nous ignorons, les sous- trayent à nos recherches. Dans l'énumération des espèces, qui est accompagnée des renseigne- ments que je puis fournir sur la plupart d'entre elles, je suis, à peu près, l'ordre adopté par les auteurs du mémoire qui me sert de guide. Je place dans le premier chapitre les Hyménoptères nidifiants; dans le second, leurs parasites et dans le dernier quelques espèces qui habitent la ronce dans des conditions diverses. Insectes gui habitent les tiges sèches de la Ronce. hhl CHAPITRE PREMIER. Hyménoptères nidifiants* 1. OSMIA LEUCOMELANA K. Apis leucomelana K., Mon. Ap. Angl., II, 260, 52, $. Osmia leucomelana Schenck, Bienen des herzog., Nassau, 349, 9, $ ?. Osmia parvula Duf. et Perr., 1. c, pi. I, fig. 1 à l\. Long. 6 à 7 mill. J'ai déjà fait remarquer dans les publications de la Société zoologico- botanique de Vienne (Verhandl., XIII, 1863) que Y Apis leucomelana K. diffère essentiellement de YOsmia leucomelana de MM. Smith et Nylander. M. Schenck, auteur de plusieurs travaux estimés sur les Apides du duché de Nassau, avait déjà émis la même opinion. Je rapporte sans hésitation YOsmia parvula des auteurs du mémoire cité à l'espèce de Kirby. L'au- teur anglais n'avait connu que la femelle ; MM. Dufour et Perris ont ob- tenu les deux sexes d'éclosion et j'avais eu le même résultat avant de connaître leur travail, en observant la même espèce dans les tiges du ro- seau commun où elle établit assez souvent son nid. Cette petite Osmia a une ressemblance frappante avec YHeriades truncorum Spin. et je l'ai deux fois reçue sous ce nom de mes correspondants. Elle a aussi d'assez grands rapports avec YOsmia leucomelana Sm., dont elle se distingue cependant par sa forme plus étroite, plus cylindrique, par les bordures blanches de l'abdomen, dont les dernières sont ordinairement complètes, et par ses épines des tibias noirâtres ou brunes. Le mâle se reconnaît à d'excellents caractères. Il a le scape des antennes épais, le dernier article aminci et courbé et ceux qui le précèdent sont un peu sinueux en dessous. Son sixième segment est denté sur les côtés et le dernier se termine en ligne courbe. Il est digne de remarque que ce sexe £48 J. Giraud. jouit pendant la vie de la faculté d'enrouler le bout de ses antennes de manière à former un anneau complet et même le commencement d'un second. Du 18 au 30 mai j'ai eu, à Grenoble, une vingtaine d'éclosions. De s tiges que j'ai trouvées à Fontainebleau et d'autres recueillies à Bar-sur Seine par M. le D r Gartereau n'ont livré cet Insecte qu'après le 15 juin. Ce n'est qu'au mois de juillet que les auteurs du mémoire l'ont obtenu. M. le colonel Goureau m'a communiqué deux individus sortis des tiges de l'é~ glantier le 18 juin. Obs. VOsmia Uucomelana Smith est d'une taille un peu plus forte, plus robuste. Elle a l'abdomen ovalaire et non cylindrique et les épines des tibias ferrugineuses. Le mâle a le sixième segment denté sur les côtés et le septième, qui se termine en pointe, marqué sur le dos d'une fossette triangulaire, profonde. Il a de plus le second segment ventral dilaté en forme de plaque unie, demi-circulaire. Cette espèce habite aussi la ronce. L'O. leucomelana Nyl. ne paraît pas différer, quoique l'auteur ne parle pas de la forme du second segment ventral. L'O. interrupta Schenck, que cet auteur rapporte avec doute à l'espèce de MM. Smith et Nylander, m'en paraît distincte, au moins quant au mâle, qui porte sur le second segment du ventre un tubercule très-saillant. Il a d'ailleurs la même conformation des segments dorsaux. Parasites : Cryptus bimaculatus. Eurytoma rubicola. Stelis minuta. 2. Osmia acuticornis Duf. et Perr., 1. c, pi. 1, fig. 14 à 19. Voici encore une espèce rubicole qui a une grande affinité avec YO. leu- comelana Sm. et que l'on pourrait facilement confondre avec elle. Elle en diffère néanmoins par des caractères propres au mâle. Je ne l'ai pas obte- nue moi-même d'éclosion, mais j'en ai sous les yeux une paire dont je dois la communication à l'extrême bienveillance de M. Perris. Je la crois une très-bonne espèce. La villosité de la face et du thorax est beaucoup plus abondante et d'une couleur fauve un peu terne : elle est rare et grisâtre dans l'autre espèce. L'abdomen est finement coriace, mais non distincte- Insectes qui habitent les liges sèches de la Ronce. 449 ment ponctué. Son premier segment est revêtu de poils fauves, plus abondants et plus longs chez le mâle, et les trois suivants ont une faible frange sur les côtés, plus pâle et d'un gris blanchâtre chez la femelle, et fauve chez l'autre sexe. Celui-ci a les derniers segments dorsaux confor- més comme dans l'espèce de Smith, sinon que la pointe du dernier a sur les côtés une très-petite dent dont l'auteur anglais ne fait pas mention. Mais le caractère le plus important est dans le tubercule émarginé du premier segment du ventre ; tandis que chez les espèces à ventre tuber- cule le tubercule siège ordinairement sur le second. Les antennes ont aussi une conformation particulière. Le scape est plus épais qu'à l'ordi- naire et le dernier article s'amincit en pointe aiguë un peu dirigée en arrière : ceux qui le précèdent sont un peu onduleux en dessous, comme chez YO. leucomelana K., ce qui annonce la même mobilité et la faculté d'enroulement que nous avons trouvée chez cette espèce. Ajoutons que les épines des tibias sont ferrugineuses dans les deux sexes, comme dans l'espèce de Smith. Le mâle a le cinquième article des tarses et les cro- chets entièrement de cette couleur; la femelle n'a que le bout de l'article et les crochets de même nuance. . Il y a évidemment là une forme singulièrement voisine de YO. leucome- lana Sm. Mais la pointe du bout des antennes et le tubercule ventral du premier segment sont des traits trop marqués pour supposer que M. Smith ait pu ne pas les voir ou négliger d'en parler. VOsmia acuticornis ressemble beaucoup à YO. spinigeta Latr. espèce égyptienne, et ne peut, par les caractères du mâle, être comparée qu'à elle. o. OSMIA TRIDENTA Duf. et PeiT., 1. C, pi. 1, fig. 5 à 11. Long, c? 9 à 10, ? 11 à 12 mill. Très-bonne espèce. Elle ressemble par la couleur et la distribution des poils à YO. aurulenta Latr. Mais sa taille est plus grande et la forme de l'abdomen plus allongée. Tous les individus, au nombre de 50, que je possède, dépassent la taille de lx lignes qui lui est attribuée par les auteurs qui en ont fait la découverte. Le dernier segment dans les deux sexes est aussi autrement conformé que chez YO. aurulenta. L'histoire complète de- cette Osmic a été exposée avec une grande précision par les auteurs du mémoire ; je dois me borner à y renvoyer. 450 j. GlRAUD. Dès le premier juin quelques mâles se sont montrés à Grenoble ; les éclosions se sont succédé jusque vers la fin du mois. Elles n'ont eu lieu qu'à la mi-juillet à Saint-Sever. Les tiges des environs de Paris ne m'ont pas produit cette espèce. Parasites : Cryptus confector, Cryptus signatorius. Zonitis mutica. k. Osmia ruborum Duf. et Perr., 1. c, pi. 1, fig. 12 à 13. Long. 6 mill. Je n'ai obtenu qu'une femelle des tiges de la ronce recueillies à Lu- biana, en Garniole. Malgré les scrupules des auteurs du mémoire que je commente, je ne suis pas bien convaincu que cette espèce diffère de YO. gallarum Spin. (Ins. Lig., fasc. 2, 69). La description des auteurs offre une concordance remarquable. La diversité du siège des nids paraît seule avoir motivé des doutes, peut-être exagérés. Nous avons vu YO. leucome- iana nicher aussi bien dans le roseau que dans la ronce. Dans ces tiges étroites les cellules sont toujours superposées , car l'espace manquerait pour les placer à côté l'une de l'autre. Dans les galles assez grosses choi- sies par l'espèce de Spinola les conditions changent. La forme sphérique de la galle permet à l'Insecte d'y creuser une cavité capable de loger un certain nombre de cellules, mais à la condition qu'elles soient placées non plus sur une seule ligne, mais à côté les unes des autres. On observe quelquefois une semblable modification dans les nids que certaines espèces d'Osmies placent dans la coquille des escargots. Peut-être faut-il accorder plus de valeur aux termes dont se servent les auteurs pour dé- signer la forme du dernier segment du mâle. MM. Dufour et Perris emploient le mot tridentê et ils figurent ainsi le segment. Spinola l'ap- pelle tri-épineux, ce qui , en supposant que cette expression soit rigou- reuse, pourrait indiquer une autre espèce. Mais Latreille donne à son 0. gullarwn 3 un anus tridentê comme celui de ruborum. Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. 651 5. OSMIA CYANEA F. r Andrena cyaneaF., Ent. Syst., II, 309, 9. — Anlhophora cyaneaF., S. P., 381, til. ?. ? Apis œnea L., Syst. nat., II, 955, 20. & ? Andrena œnea F., Ent. Syst., II, 309. $.—A?ithophora œnea F., S. P., 381, 40. = Agenia carbonaria Dablb. I, 90, A3), espèce assez voisine des précé- dentes, mais dont le mode de nidification est très-différent. Ce rapproche- (1) Les remarques de M. Wesmael sur la différence de conformation du chape- ron dans les deux sexes sont très-justes. Deux individus, que j'ai pris accouplés, les confirment pleinement, C'est à tort que Dahlbom, qui avait d'abord réuni ces sexes en une espèce, les a séparés ensuite dans son Tableau synoptique. Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. 469 ment n'est pas sans intérêt. J'ai saisi aussi cette espèce emportant une autre Arachnide que M. Lucas croit être du genre Drassus. Dans une note publiée dans ces Annales (1836 t. v. p. 297), M. Westwood rend compte d'une observation semblable relative à la même espèce et ne manque pas de faire aussi 'ressortir combien elle est en opposition avec les vues théo- riques de Lepeletier. L'araignée qui servait de proie appartenait, selon l'auteur, au genre Clubione. Elle était traînée au pied d'un mur par un procédé en tout semblable à celui du Pogonius varie gatus. Là se borne la relation. Je suis heureux de pouvoir ajouter d'autres renseignements. J'ai trouvé le nid de cette espèce, aux environs de Vienne, en Autriche, dans une crevasse d'un vieux mur sur lequel je chassais le rare Ampuleoc, europœa. Ce nid, qui m'a livré son propriétaire, forme une coque unilocu- laire assez régulière, longue de 10 millimètres et large de A. Il est cons- truit avec une espèce de terre glaise pétrie, sans mélange de grains de sable, et sa surface est faiblement mamelonnée ou laisse voir la juxta- position des matériaux successivement apportés par l'architecte. Ses pa- rois sont assez épaisses et ont une certaine solidité. D'après M. Schenck (Grabwespen Nassau), M. Smith aurait aussi rencontré ce nid, mais j'ignore où il a publié cette observation. Gomme on le voit, le mode de nidification des Agenia et des Pogonius diffère beaucoup. Cette considération me semble une raison de plus à ajouter à celles qui ont motivé la séparation de ces deux genres. Mais, ici encore, on peut voir que l'insecte n'a pas besoin d'un appareil propre à fouir ou à traîner sa proie. Dans le transport de cette dernière, ce sont les mandibules qui la saississent et les pattes ne servent qu'à la locomotion. Il ne me paraît guère douteux, non plus, que c'est entre ses mandibules qu'il charrie, par petites portions, les matériaux terreux qui servent à la construction du nid. La place que celui-ci occupe dans une crevasse de muraille ne réclame pas le travail d'un vrai fouisseur. En résumé, les Agenia et les Pogonius sont nidifiants, comme les Pom- pilus, et leurs larves également aranivores ; mais leur industrie est plus simple; ils sont dispensés des travaux pénibles auxquels se livrent ces derniers pour creuser leurs galeries. 4 € Série, tome VI. 31 Û70 J. GlRÀUD. 16. Psen concolor Dahlb. Hym. Europ., I, 6, 8, Ç. Il est assez difficile de distinguer cette espèce du Psen atratus (1) (Try- poœylon atratwn) Panz. Mais, outre de légères différences que l'on ne peut bien saisir que par la comparaison des individus, la ponctuation de la tête et du thorax est beaucoup plus faible. La région frontale, surtout, est lisse, luisante et n'a qu'un pointillé très-fin et peu dense ; elle est, chez l'autre, couverte d'une ponctuation assez forte, très-dense et même un peu ruguleuse, ce qui lui donne un aspect terne. La femelle n'a pas, à la base du deuxième segment ventral, la dépression semi-elliptique qui distingue celle du P. atratus. Le mâle qui, comme celui de ce dernier, a le métathorax gaufré, ne se distingue que par la ponctuation du sommet de la tête, qui est comme chez la femelle. Larve. En ouvrant, au mois de mars, plusieurs tiges de ronces, j'ai trouvé cette larve dans une série de cellules placées bout à bout. La crainte de les endommager par un examen minutieux est cause que je ne puis la décrire que bien incomplètement. Voici ce que j'ai noté. Long. 4-5 mill., blanche, molle, apode, sans poils, lisse, sans plissements bien marqués. Mandibules très-petites et d'un roux pâle. Elle se trouvait directement en contact avec les parois médullaires de la cellule, qu'elle ne remplissait pas tout à fait. Une cloison mince, dure, lisse, un peu bombée, ressemblant à une rondelle de parchemin, formait la séparation des cel- lules. La nymphe est nue comme la larve. Les tiges occupées par cet Insecte ne contenaient pas d'autre espèce. Mais deux cellules dans les- quelles rien ne s'était développé étaient encore remplies des provisions destinées aux larves. C'était une collection de nymphes d'une espèce tfHomoptère du genre Psylla. Chaque cellule en contenait une vingtaine environ. Le genre Psen, comme le genre Mimesa qui en a été séparé , a été regardé comme parasite par la plupart des auteurs. Cette opinion est contredite par les observations de MM. Westwood, Kennedy et Schenck et par la mienne. M. Schenck affirme que la Mimesa unicolor Van der Lind. (t) Après la rédaction de ce mémoire, j*ai obtenu cette espèce, au commencement de septembre, d'une tige de ronce rencontrée à Fécamp. Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. hli — borealis Dahlb. approvisionne ses nids avec des larves de Gicades. D'après Kennedy, le Psen atratus, qui établit les siens dans les toits de chaume, y charrie des Aphis. Je ne puis pas douter que les provisions de Psylla dont j'ai parlé n'eussent été faites par le Psen concolor pour nourrir sa nouvelle génération. J'ai dit que c'était des nymphes et non des larves, car tous les individus étaient pourvus des organes propres à cet état tran- sitoire, c'est-à-dire de quatre écailles thoraciques représentant des ailes rudimentaires. Parmi les nombreuses espèces nidifiant dans la ronce qui me sont connues , il n'en est pas d'autre qui fasse le même approvision- nement. L'éclosion de dix individus des deux sexes a eu lieu, à Grenoble, du ÎA au 16 avril. Quelques tiges cueillies à Bar-sur-Seine, par M. le D r Cartereau, en ont produit plusieurs le U mai. M. le colonel Goureau en a obtenu le 1l\ du même mois. 17. Cemonus unicolor Panz. Sphex unicolor Panz. , F. G, , 52, 2Zu Cemonus unicolor Dalb., Hym. europ., 255, 155. Pemphreclon unicolor Duf. et Perr. , 1. c. Dans un mémoire sur les Insectes du Roseau publié en 1863 à Vienne (Verhandl. der zool. bot. Gesellschaft), j'ai émis l'opinion que le Pemphre- don unicolor Duf. et Perr. est identique avec le Cemonus unicolor Dahib., ce que M. Perris a reconnu lui-même, et j'ai, en outre, démontré que cette espèce n'est pas parasite mais nidifiante et qu'elle approvisionne ses cellules de petits Aphis aptères et à abdomen bituberculé. Je ne revien- drai pas sur les détails que j'ai donnés et je me borne à ajouter qu'ayant eu depuis lors occasion de répéter mes observations, j'ai acquis la certi- tude que les faits que j'ai annoncés sont parfaitement exacts. Cet insecte est loin d'être exclusif dans le choix du lieu où il établit ses nids. On le rencontre très-souvent dans les tiges de la ronce, mais il ne dé- daigne pas celles du sureau, du rosier, de VEryngium campestre et, sans doute, de beaucoup d'autres plantes. Il habite aussi souvent les galles abandonnées des Cynips et de divers Diptères. Il n'est peut-être pas hors de propos de rappeler ce que j'ai déjà dit sur la valeur spécifique des Cemonus rugifer et lethifer Dahlb. Depuis ma première publication sur ce sujet , j'ai observé un grand nombre de A72 J. Giraud. Cemonus obtenus d'éclosion, et je suis de plus en plus convaincu que les différences de sculpture du disque du métathorax , qui ont seules motivé la distinction de ces espèces, n'ont pas la valeur qu'on leur a accordée. Dans un grand nombre d'individus provenant de la ronce, du roseau ou de tout autre origine, j'ai toujours trouvé le Cemonus unicolor en très- grande-majorité. Dans les colonies nombreuses il était rare qu'il ne se trouvât pas des individus avec les caractères du C. rugifer, déjà regardé par Wesmael comme variété du C. unicolor j parmi eux , il y avait beau- coup de mâles. Enfin quelques-uns avaient la sculpture du méthathorax attribuée au Lethîfer. La différence tirée du point où aboutit la seconde nervure récurrente n'a pas plus de valeur; car ce point varie chez quel- ques individus et diffère quelquefois de l'aile droite à l'aile gauche. Appuyé surtout sur la communauté d'origine et sur les formes de transition, je crois que ces deux espèces ne sont que des modifications du C. unicolor. Parasites : Ephialtes divinator et mediaior. Eurytoma rubicola. Omalus aurcdus. 18. Passalœcus gracilis Gurt. Passalœcus gracilis Dahlb., Hym. europ., 2Zi2, 1&2. Ce petit Pemphredonien habite aussi, quoique rarement, les tiges de la ronce. Il y creuse des galeries fort étroites en rapport avec l'exiguïté de sa taille et approvisionne ses cellules de petits Aphis, comme le font ses congénères que j'ai observés, entr'autres le P. corniger Schenk. Mais ce- lui-ci choisit une autre espèce ft Aphis, noirâtre, à abdomen armé de deux pointes assez longues. Ceux du P. gracilis, déjà brunis et desséchés quand je les ai rencontrés, m'ont paru avoir été verdâtres. D'après mes observations, les Aphis forment la nourriture des larves de la plupart des Pemphredoniens, tels que les genres Pemphredon, Ce- monus, Diodontus, Passalœcus et, je crois aussi, le genre Stigmus. Le genre Celia fait exception à cette règle. Il charrie de jeunes Coccus, d'a- près l'affirmation de M. le colonel Goureau. Le P. gracilis habite aussi les tiges sèches du rosier (Goureau). Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. 473 19. Stigmus pendulus Panz, Stigmus pendulus Panz. , F. G. , 86, 70. Stigmus ater Jur., 139, pi. 9, gen. 7. Stigmus ater Dufour et Perr., 1. c. Quoique mes observations au sujet des mœurs de cet insecte ne soient pas rigoureusement concluantes, puisque je n'ai pas vu les nids à l'état frais ni assisté aux travaux de leurs architectes , l'examen de ces nids, fait à l'époque des dernières évolutions de l'insecte , me porte fortement à ré- voquer en doute l'opinion des auteurs du mémoire déjà indiqué, qui pen- sent qu'il est parasite d'autres Hyménoptères, Voici ce qu'il m'a été possible de constater : Dans plusieurs tiges de petite dimension ouvertes dans les premiers jours de mai, j'ai rencontré dans la moelle des galeries très-étroites et d'une longueur variable de 6-12 mill. rarement dirigées en droite ligne dans le sens de l'axe de la plante, presque toujours un peu obliques et tortueuses, et quelquefois presque horizontales dans quelques points. Elles étaient di- visées par des cloisons fort minces, dont une des faces était chargée de pe- tits crotins agglutinnés, parmi lesquels j'ai cru reconnaître quelquefois des pattes tfAphis, ainsi qu'on le rencontre dans les nids des larves aphi- divores. Dans la cellule, dont les parois étaient nues ou à peine lubrifiées, se trouvait une petite nymphe tantôt blanche, tantôt en voie de colora- tion. Toutes les cellules étaient dans les mêmes conditions, à l'exception de deux, qui contenaient des larves avec des indices d'un commencement de transformation. Comme ces fœtus étaient moins avancés que les autres et surtout de forme plus courte, je soupçonnai qu'il s'agissait d'un para- site. Pour m'en assurer, j'isolai celles-ci et j'eus, quelque temps après, la satisfaction de voir se développer deux individus mâles d'une espèce de Chalcidien dont il sera question plus loin. Si je compare ce genre de nidification avec celui des Passalœcus et des Cemonus qui sont bien positivement artisans de leurs nids, je suis frappé de la ressemblance et je ne puis me décider à penser que le Stigmus est Ulh J. GlRAUD. parasite. J'ajouterai que Dahlbom, en énumérant plusieurs genres de Pem- phredoniens aphidivores, y place aussi le Stigmus pendutus. Parasite : Diomorus calcaratus. 20. Trypoxylon figulus L. Trypoxilon figulus Duf. et Perr., 1. c. Le mémoire si souvent cité complète l'histoire des mœurs et métamor- phoses de cet Insecte qui est commun et qui n'habite pas seulement les tiges de la ronce, mais un grand nombre d'autres plantes. Ses larves ne sont plus nourries de pucerons , comme celles des Pemphredoniens, mais de petites araignées et son nid diffère sous plusieurs rapports. C'est un fait assez singulier que la communauté assez ordinaire de son habitation avec le Cemonus unicolor. Cette circonstance en avait imposé aux observateurs que j'aime à citer. La même tige renferme souvent une série de cellules de Tune de ces espèces, suivie d'une autre qui appartient à la seconde ; mais là se bornent leurs rapports; chacune a son industrie particulière. Parasites : Fœnus affectator. Cryptus gyrator* Cryptus odoriferator. Ephialtes divinateur. Ephialtes mediator. Eurytoma rubicola. Chrysis cyanea. 21. Nitela SpiNOLiE Latr. Gen. Crust. et Insect., II, 77. — Dahlb., Hym., I, 297, 180. Ce petit Crabronide se trouve assez rarement dans les tiges de la ronce. Il habite ordinairement les troncs des gros arbres , et en particulier les Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce, Û75 plantes vermoulues et perforées par les Insectes Xylophages. Je l'ai vu, en fres-grand nombre, près de Vienne, en Autriche, sur un vieil érable (Acer campestris), en partie desséché. Les nids qu'il fréquentait étaient dissé- minés le long du tronc et sur les grosses branches, jusqu'à la hauteur de six mètres aji moins. Parmi quelques ronces provenant de Fontainebleau, il 7 avait une tige, assez mince, occupée par cet Insecte. Une galerie étroite et assez régulière, creusée dans la moelle, contenait quatre cellules séparées par un petit tas de matières noirâtres et couvertes de moisis- sures, formé des restes des provisions des nids et d'excréments. Dans cha- cune se trouvait une fort jolie coque dont voici la description : Coque. — Long. 5 mill. — Subcylindrique, arrondie et un peu amincie à ses deux bouts qui sont libres ou sans adhérences avec les matières ser- vant de cloison, de couleur roux-pâle, plus clair que la moelle, tout à fait sans transparence et sans éclat, d'un tissu dense, sans aucune apparence de filaments soyeux et d'une si grande friabilité qu'elle se brise à la moindre pression. Il y avait dans une cinquième cellule une autre coque rousse, parche- minée, un peu luisante , peu pellucide et de même longueur, qui a pro- duit un Chrysis cyanea , à litre de parasite. Je ne suis pas parvenu à reconnaître avec certitude le genre d'Insecte qui avait servi à l'approvisionnement des nids ; mais les débris des pattes et des antennes qui se trouvaient dans les cloisons et dans une cellule encore pleine de provisions , mais rendues méconnaissables par la moisis- sure, me portent à croire que c'était des larves d'un Homoptère* L'éclosion a eu lieu à Paris du 21 au 23 juin. Parasite : Chrysis cyanea. 22. Cràbro (Ectemnius Vtiilh.) rubicola. Sotenius rubicola Duf. etPerr., 1. c. On trouvera chez Dahlbom un tableau comparatif des caractères qui distinguent cette espèce du Crabro vagus Lep., dont, au premier abord, on serait tenté de la prendre pour une variété ; d'autant plus que ce dernier l 476 J. GlRAUD. niche aussi dans la ronce. Des traits distinctifs tirés surtout de la confor- mation des antennes chez le mâle , de la sculpture des côtés du mésotho- rax et du dos du métathorax chez la femelle, permettent de les séparer. La taille est aussi plus petite et le mâle a, de plus, les antennes presque toutes noires. Voir, pour l'histoire des mœurs et métamorphoses, le mémoire de MM. Dufour et Perris. Ce Crabro est assez fréquent dans les tiges de la ronce. Je l'ai rencon- tré à Grenoble et plus souvent dans les ronces des environs de Paris, de Fonlainebleau et de Bar-sur-Seine. Parasites : Cryptus quadriguttatus. Hemiteles mandibulator. Eurytoma rubicola. Diomorus Kollari. 23. Formica truncata Spin. Insect. Ligur., fasc. 4, 2M. Comme MM. Dufour et Perris, j'ai observé assez souvent les femelles privées d'ailes, les ouvrières et les œufs. Les mâles qui , je crois , sont en- core inconnus, doivent être recherchés à d'autres époques de l'année, c'est-à-dire pendant la saison d'été. J'ai trouvé cette espèce assez abon- damment à Grenoble, mais je ne l'ai pas vue dans les ronces des environs de Paris. 24. Formica marginata Latr. Essai sur l'Hist. des Fourmis de France, 35, Hist. nat. Fourni., 103. A la fin de l'hiver je n'ai vu dans la ronce que des œufs et des ou- vrières en assez grand nombre. La taille de ces dernières est très -va- riable. Cet habitat permet de trouver facilement tous les sexes pendant la belle saison. Insectes gui habitent les tiges sèches de la Ronce. t\11 25. Leptothorax Nylanderi Fôrst. Myrmica Nytanderi Fôrster, Hym. Stud., I, Heft., 53. Leptothorax Nylanderi Mayr. Verh. Zool. bot. Ver. V, M7, 11 (1855). Cette petite Myrmicide, qui habite souvent les galles abandonnées par les Cynips, établit aussi ses colonies dans la moelle de la ronce. Pendant l'hiver et au printemps on ne trouve que des ouvrières et un très-petit nombre de femelles privées d'ailes, ces dernières dans la proportion de 1-20-30 environ. C'est au mois d'août que l'on peut rencontrer les mâles et les femelles ailées, en assez grand nombre. CHAPITRE SECOND Parasites. 26. FOENUS AFFECTATOR F. Ent. Syst., Suppl., 240,2. Je n'ai que peu de chose à dire sur cet insecte, que je n'ai obtenu qu'une fois de la ronce. Il provenait d'une coque longue, étroite, cylin- drique, semblable à celle du Trypoxylon figulus, auquel je l'attribue. Qui ne serait pas frappé de la concordance des formes sveltes et très-allongées de la victime et de son meurtrier ? 27. Cryptus confector Gr. Ichn, europ., II, 518, 66. Segmentis 1-3, tibiis anterioribus femoribusque rufis ; puncto scutellari, A78 J. GlRAUD. ano annuloque tarsorum posticorum et antennarum, albis : (Gr.) aculeo abdominis longitudine Ç. Long. 7 à 8 mill. Deux femelles, de taille un peu différente, sont sorties, à la fin de mai, à Grenoble, des coques de VOsmia tridentata. Le mâle est encore inconnu. 28. Cryptus gyrator Duf. Ichneumon gyrator Duf. et Perr. 1. c. pi. 3 fr. Û5-51 . Niger, punctulatus : palporum articulo secundo supra, antennarum annulo, prothracis margine , tegulis, macula scutellari, abdominisque segmentis ultimis dorso, albis; metathorace convexo, lineis elevatis dua- bus transversis flexuosis; segmentis 2-5 et apice primi, obscure ferrugi- neis ; aculeo dimidii abdominis longitudine ; pedibus fusco-nigris, anti- cis pallidioribus; alis diaphanis, areola pentaedra. c? gracilior, antennis nigris; tarsorum posticorum art, 2-U, albis, tarsis intermediis rufo-variis (Duf. abbr.). Long. 9 à 10 mill. Les auteurs du mémoire cité, n'ayant pas pu consulter le grand ouvrage de Gravenhorst, ont compris le genre Ichneumon dans le sens linnéen et y ont rangé plusieurs espèces qui sont de vrais Cryptus selon le système de l'auteur de Ylchneumonologia europœa. Gravenhorst ne parle pas de l'espèce dont il s'agit ici : on doit, avec ses auteurs, la considérer comme très-légitime. On lira avec un grand intérêt les détails qu'ils donnent sur ses métamorphoses. Comme eux, j'ai cons- taté que cet insecte est parasite du Trypoxglon figulus, et comme eux aussi, j'ai été frappé de la longueur insolite de ses coques (long. 20, larg. lx mill.). La forme du corps est étroite, allongée et les pattes ainsi que les an- tennes sont très-grêles. Je ne vois pas que la femelle puisse être compa- rée à Vlchneumon castigator F., dont le corps est robuste et qui n'a pas de tarière saillante. Pour compléter la diagnose, ajoutons quelques détails. Antennes un peu recourbées au bout chez la femelle, droites et moins fines chez le mâle. Écaille des ailes de la première entièrement blanche et de plus un point Insectes qui habitent tes tiges sèches de la Ronce. &79 de cette couleur à leur racine. Ces parties noires chez l'autre sexe. Segments de l'abdomen 2-5 d'un ferrugineux obscur, ainsi que le bout du premier chez la femelle : les derniers noirs, marqués chacun d'une tache blanche, plus grande sur le septième. Tarière à peu près de la longueur de la moitié de l'abdomen. Pattes d'un noir roussâtre, la première paire un peu plus claire, les cuisses de la dernière, chez la femelle, nuancées de ferrugineux, en dehors. Tous les tibias, chez le mâle, tachés de blanc à la base, ainsi que le quatrième article des tarses intermédiaires ; ceux de la dernière blancs, à l'exception du premier et du dernier. Métathorax con- vexe, coupé en travers par deux lignes saillantes, ondulées ; la première, formée de deux arcs de cercle réunis, limite trois aéroles antérieures, dont la moyenne (supero média), plus petite, quadrangulaire, est seule cir- conscrite sur les côtés. La deuxième ligne, plus flexueuse, suit Je bord de la troncature, et devient un peu plus saillante sur les côtés chez la fe- melle. 29. Cryptus odoriferator. Ichneumon odoriferator Duf. et Perr., 1. c. Cette espèce a les plus grands rapports avec la précédente par la taille, la forme du corps et les couleurs de l'abdomen ; il suffira de la lui com- parer, sans être obligé de reproduire la diagnose. Le second article des palpes maxillaires est blanc au bout : il n'est que taché de blanc, en dessus, chez l'autre. Le thorax, l'écusson et les écailles sont tout noirs. Le métathorax porte en avant une ligne élevée et des aréoles comme le C. gyrator ; mais la ligne postérieure est tout à fait obsolète ou à peine indi- quée. La femelle, que je n'ai pas vue, a, d'après les auteurs du mémoire cité, une seule tache blanche anale et la tarière très-courte (aculeo brevissimo). Elle a aussi le troisième article des tarses postérieurs blanc. Le mâle porte sur le septième segment une tache, et sur le sixième un point blanc. Les tarses postérieurs sont exactement colorés comme chez l'autre espèce ; mais les intermédiaires ont de plus la base du troi- sième article blanchâtre. Les coques sont comme celles du précédent. Parasite aussi de Trypoœy- lon figulus. Un seul mâle des tiges de ronce trouvées à Vippach, en Carniole. Éclo- sion au mois de juin. Zl80 J. GlRAUD. 30. Cryptus bimaculatus Gr. Ichn. europ., II, 634, 4M. Niger : thorace et scutelio rufis ; macula alarum fusca ; antennarum annulo albo; aculeo dimidio abdomine longiore. Ç. Niger : femoribus tibiis anterioribus, posticorum basi, rufis; thorace rufo maculato vel toto nigro; alis hyalinis, immaculatis (Nob.)» cf. Var. $. Femoribus posticis fuscescentibus. Ichneumon odynericidus Duf. et Perr., 1. c. Long. 5 à 8 mill. La femelle est un des plus jolis insectes du genre. Elle a la tête, la poi- trine et l'abdomen d'un noir intense et le reste du thorax d'un rouge ferrugineux un peu sombre. Les ailes sont ornées d'une bande brune qui, descendant du stigma, s'étend jusqu'au bord postérieur de la seconde cellule discoïdale, et leur bout est légèrement enfumé. L'aréole est penta- gone et un peu plus haute que large. Mélathorax convexe, avec deux lignes transversales, saillantes, flexueuses : la seconde interrompue au mi- lieu. La couleur des pattes est généralement noire, à l'exception de la base des tibias et de la face antérieure de ceux de la première paire qui sont d'un ferrugineux plus ou moins sombre, mais quelquefois cette teinte s'é- tend aussi aux cuisses postérieures. C'est à cette variété que se rapporte Ylchn. odynericidus. La tarière est environ de la longueur des deux tiers de l'abdomen. Le mâle que je lui associe diffère sensiblement, car il n'a pas la bande brune aux ailes et le thorax n'a de rougeâtre que quelques taches vagues aux environs des épaules et il y a un individu tout noir. Je regarde ces différences comme purement sexuelles. La sculpture de toutes les parties, la conformation de la tête, du métathorax, des hanches postérieures et de l'aréole sont identiques. Voici sa description détaillée : Noir, densément ponctué, terne, grêle, allongé; antennes presque droites, minces , de la longueur des deux tiers du corps ; chaperon con- vexe, un peu prolongé en pointe au milieu du bord libre, avec une fos- sette de chaque côté ; mandibules et palpes noirs. Thorax noir, avec des taches vagues d'un ferrugineux obscur sur les côtés du prothorax , sur les Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. 681 lobes latéraux du mésothorax et le haut des flancs. Métathorax comme chez la femelle. Abdomen subfusiforme, deux fois aussi long que le tho- rax, le premier segment arqué, ponctué, sans lignes élevées. Pattes ferru- gineuses; les hanches, les trochanters, le bout des tibias postérieurs et leurs tarses, noirs; les tarses antérieurs bruns. Ailes hyalines, les nervures et l'écaillé d'un brun noirâtre : un commencement de nervure sur la première portion de la nervure cubitale; aréole pentagone. Ce mâle ressemble beaucoup au Cryptus rufipes Gr., mais ce dernier a une tache rouge sur les mandibules et n'offre pas de vestige de nervure de division entre la première cellule discoïdale et la première cubitale ; il a de plus le thorax tout noir. Le Cryptus spiralis d\ qui est aussi très-voisin de celui-ci, se reconnaît au tubercule saillant des angles du métathorax. La variété qui a le thorax tout noir ne se distingue du G. rufipes que par ses mandibules noires et le commencement de la nervure de di- vision. M. le colonel Goureau, à la bonté duquel je dois la connaissance de ces mâles, les a obtenus avec l'autre sexe vers la fin de juillet et au commen- cement d'août. Il n'a pas pu constater de quel Insecte ils étaient parasites. Plusieurs femelles, écloses chez moi, avaient vécu aux dépens de YOdyne- rus lœvipes; une autre m'a paru prévenir de YOsmia leucomelana. Coque. Subcylindrique, arrondie aux deux bouts, longue de 9 mill. et large de 6, formée d'une pellicule mince, semi-transparente, d'un blanc faiblement citrin, à surface presque lisse et un peu luisante. Elle remplit toute la cavité de la coque, d'ailleurs normale, de YOdynerus lœvipes. Parasite : Eurytoma rubicola. 31. Cryptus signatorius F. Ichncumon signatorius F., Ent. syst., II, 135, lZi. Cryptus signatorius F., Syst. Piez., 71, 6. Niger : ihorace rufo, regione scutellari nigra; antennarum annulo, scutelli macula, protkoracis margine apicali. dorsoque segmentorum 7, 8, 682 J. GlRAUD. albis; tibiis anticis fusco palliais; alis hyalinis , areola subquadrata; te- rebra dimidii abdominis longiludine. $. Long. 8 mill. Autre Insecte, aussi très-beau, qui ne se trouve pas parmi les 130 espèces décrites par Gravenhorst. Je le rapporte avec toute confiance à Ylch- neumon signatorius de Fabricius, espèce qui paraît être fort rare. La par- faite concordance des cinq individus que j'ai sous les yeux, dont deux ap- partiennent à M. le colonel Goureau, me fait croire que les couleurs sont très-constantes. Notre savant collègue lui avait donné le nom de fastuo- sus, qui ne peut pas être conservé. Tête et organes de la bouche noirs; le chaperon coupé presque droit, à peine un peu anguleux au milieu. Antennes grêles, filiformes, presque de la longueur du corps, les articles 9-11, blancs en dessus. Thorax d'un rouge ferrugineux; les sutures entourant l'écusson et, quelquefois, un point sur le métathorax, noirs. Écusson ferrugineux, avec une tache blan- che au bout. Une autre tache blanche sur le col ou la pointe du prothorax. Métathorax convexe, portant en travers deux lignes flexueuses élevées; avec une aréole supéro-médiane petite, subtriangulaire. Abdomen d'un noir intense, de la longueur de la tête et du thorax, progressivement élargi jusqu'au quatrième segment, subspatulé, avec une large bande sur le septième et une tache sur le huitième, blanches; tarière ayant environ la moitié de sa longueur ; les valves noires, assez épaisses et peu dilatées au bout. Pattes noires ; les genoux et la face antérieure des tibias de la première paire, ainsi qu'un anneau à l'extrême base des cuisses posté- rieures, d'un brun testacé; quelquefois une tache ferrugineuse à la base des hanches postérieures du côté du dos. Ailes hyalines, les nervures noirâtres; l'écaillé - noire , quelquefois tachée de blanc en avant; l'aréole de forme carrée , un peu plus haute que large. Cet Insecte est sorti de coques cylindriques, longues de 10 et larges de 5 mill., d'un blanc grisâtre, formées d'un tissu filamenteux assez lâche et presque sans transparence. Elles se trouvaient dans une tige de ronce contenant un grand nombre de cellules (TOsmia tridentata. Celles qu'elles occupaient avaient les mêmes dimensions, mais la coque était différente. Un paquet, trop grand pour n'être formé que de matières excrémenti- tielles et qui apparemment contenait une partie non consommée des pro- visions de VOsmia, se trouvait accolé en dehors au bout inférieur et un peu sur le côté. Je crus trouver en cela l'indice que la larve de YOsmia avait dû périr prématurément et sans avoir eu le temps de travailler à la Insectes qui habitent les tiges sèches de ta Ronce. /j83 construction de sa coque. Le parasitisme de notre Cryptus chez ce Melli- fère me paraît évident. Son éclosion a eu lieu aussi à la même époque, au mois de juin. La rareté de la victime que je n'ai jamais trouvée en liberté explique celle du parasite qui, depuis Fabricius, paraît n'avoir pas été observé. Le mâle de cette espèce intéressante est encore inconnu. 32. Cryptus quadriguttatus Gr. Ichn. europ., II, 7Zi9, 42, . Niger, graciiis : squamulis, scutelli et ani maculis, albis; femoribus- tibiisque anterioribus rufis; alarum areola quadrata. $. Antennis cdbo-annulatis ; aculeo abdomine parum breviore. ç$. Faciei picturis et tarsorum annulo albis ; antennis inter médium et apicem paululum incrassatis, subcompressis. $. Var. Abdominis segmento secundo piceo. Long. 8 mill. Semblable pour la taille et les proportions du corps au C. viduatorius. La femelle, qui a été seule décrite par Gravenliorst, a toutes les parties de la bouche noirâtres et le chaperon un peu anguleux au milieu ; les an- tennes de la longueur des deux tiers du corps, un peu plus grêles vers la base, un peu roussâtres en ce point et les articles 9-11 blancs en dessus. Métathorax convexe, coupé en travers de deux lignes saillantes, bien marquées et peu ondulées, avec une aréole supéro-médiane carrée, très- petite. Abdomen peu épais, en ovale allongé ; le second segment étroite- ment bordé de roux en arrière ; le septième portant sur le dos une tache triangulaire et le huitième une ligne transversale, blanches. Tarière très- peu plus courte que l'abdomen. Pattes grêles, d'un rouge ferrugineux ; les hanches, les trochanters, les tarses postérieurs et une grande partie des tibias de la même paire, noirs. Ailes subhyalines, un peu enfumées. Le mâle a la même sculpture; l'abdomen plus long, presque linéaire, mais coloré de même; les antennes noires, un peu épaissies entre le milieu et la cime, rousses en dessous en cet endroit, et marquées d'un trait noir Zl8/l J. GlRAUD. sur chaque article. En outre, il a les orbites faciales, une tache oblongue sur la face, une autre en travers, sur le chaperon, la base des mandibules et les articles 2-Zi des palpes maxillaires blancs. Les tarses postérieurs ont les articles 2-4 et la base du cinquème blancs. Les autres paires ont un anneau blanc, formé seulement des articles 3 et à; celui de la première moins distinct. Ailes hyalines ; l'aréole, comme chez la femelle, carrée, aussi haute que large ; l'écaillé et un point sur le haut des flancs blancs. La variété de la femelle a le second segment couleur de poix , la base des cuisses antérieures et un trait sur le bout des postérieures noirâtre. Tout le reste est conforme au type. J'ai obtenu cette espèce des coques du Crabro rubicola, à Grenoble et à Paris, au mois de juin. Un exemplaire provient des ronces recueillies à Bar- sur-Seine par M. le D r Cartereau. 33. Hemiteles mandibulator Duf. Anomalon mandibulator Duf. et Perr., 1. c. $. D'après le système de Vlchneumonologia curopœa, cet insecte ne peut pas appartenir au genre Anomalon, car il manque du caractère le plus essentiel, qui est l'épaississement des tarses postérieurs, et en diffère sous plusieurs autres rapports. La disposition des nervures alaires le place dans le genre Hemiteles dont il a d'ailleurs la conformation générale. Les auteurs du mémoire, qui n'ont connu que la femelle, l'ont obtenue des nids de YOdyncrus rubicola et du Crabro (Solenius) rubicola. Je dois la découverte de -deux mâles sortis des coques de ce dernier, à l'extrême obligeance de notre collègue M. le D r Laboulbène, qui a bien voulu mettre à ma disposition un envoi de tiges de ronce recueillies par M. le D r Carte- reau à Bar-sur-Seine. L'origine commune des deux sexes et la parfaite iden- tité de leurs caractères analomiques ne me laissent pas de doute sur la lé- gitimité de leur union. Une courte description de ce sexe est nécessaire. cT. Long. 6 mill. — Noir, finement pointillé, très-peu pubescent. Mandi- bules et palpes ferrugineux. Tête arrondie, un peu plus large que longue ; antennes sétiformes, noires, de la longueur de la moitié du corps. Méso- thorax portant en avant deux traces de lignes empreintes. Métathorax tronqué presque droit au bout, avec cinq aréoles très-marquées sur le dos et un tubercule dentiforme aux angles postérieurs. Abdomen étroit, Insectes qui habitent tes tiges sèches de la Ronce, &85 allongé ; le premier segment cunéiforme, un peu arqué, sa moitié anté- rieure rétrécie en pétiole, la postérieure médiocrement élargie, son dos marqué de deux côtes élevées et finement striolé ; les deux segments sui- vants coriaces, ternes, les autres presque lisses. Ailes à peine un peu obs- cures, avec la' nervation particulière aux espèces du genre Hemitetes dont l'aréole est tout à fait ouverte et se confond avec la dernière cellule cubi- tale. Pattes ferrugineuses, le bout des tibias postérieurs, les tarses de la même paire, à l'exception de la base du premier article, noirs. La coque du Crabro rubicola, d'où est sortie cette espèce, ne différait en aucune manière de celles qui contenaient leur propriétaire légitime et rien n'annonçait la présence du parasite. Mais après sa sortie on voyait à l'intérieur une seconde coque plus mince, pâle, transparente, dans la- quelle il s'était transformé. L'éclosion du parasite, qui a eu lieu vers la fin d'avril, a devancé beaucoup celle du Crabro. 34. Campoplex lugens Gr. Ichn. europ., III, 509, 37. Gravenhorst n'a connu que la femelle. Je crois ne pas me tromper en regardant comme l'autre sexe un individu que j'ai obtenu de la ronce. Voici sa description : Long, h mill. Noir, très-finement pointillé , couvert d'une pubescence blanchâtre, très-courte, plus abondante et à reflet argenté sur la face. Palpes, mandi- bules, face inférieure du scape, écailles et pli ventral du deuxième seg- ment, d'un blanc jaunâtre. Métathorax convexe, progressivement déclive, orné de petites côtes qui décrivent cinq aréoles; une médiane arrondie en avant et confondue en arrière avec la partie déclive, et deux de chaque côté, l'antérieure plus grande, longue, la postérieure très-petite. Ailes hyalines, les nervures et le stigma obscurs, l'écaillé et la radicule blan- ches. Aréole extrêmement petite, en carré long, obliquement placée et pé- tiolée; le côté externe décoloré, parallèle au côté interne fourni par la nervure cubitale. Abdomen un peu plus long que le reste du corps, sub- comprimé dans ses deux tiers postérieurs; le premier segment subitement élargi un peu au delà du milieu et offrant, dans ce point, deux tubercules If Série, tome VI. 32 486 J. GlRAUD. très-sensibles; la partie postérieure presque carrée, deux fois aussi large que le pétiole. Deuxième segment aussi long que large, plus étroit en avant, les autres plus courts, transversaux. Pattes d'un fauve testacé, le bout des tibias postérieurs un peu assombri en dehors ; les hanches des deux paires antérieures, tous les trochanters, à l'exception de la base des derniers, blancs-jaunâtres. Tous ces détails concordent très-bien avec la description de la femelle, hormis la forme de la partie postérieure du premier segment qui est sub- globuleuse selon Gravenhorst : mais cette partie se modifie souvent dans les deux sexes. Le caractère, qui a une valeur décisive à mes yeux, est la forme tout à fait particulière de l'aréole, qui est en même temps d'une petitesse insolite. Gravenhorst en avait été frappé, et il l'a signalé comme un trait distinctif entre toutes les autres espèces. Je ne sais pas de quel Insecte cette espèce est parasite. Elle est sortie, le 19 avril, d'une ronce très-ancienne trouvée à Saint- Cloud, ne contenant qu'une coque de 6 mill. de long sur 2 1/2 de large, mince, blanchâtre, transparente, dont les bouts n'avaient point de calotte et se trouvaient en contact direct avec la moelle. Dans cette coque s'en trouvait une se- conde, longue de 5 mill., également mince, pellucide, mais un peu plus terne, c'était celle du parasite. A l'un des bouts se trouvait une dépouille de larve très-contractée, couverte de poils blancs nombreux , tachée de noir sur le dos et pâle en dessous. La tête relativement grosse, d'un roux pâle, tachée de noir en arrière, offre deux yeux saillants entourés d'un cercle noir et, au devant, deux petits anneaux qui paraissent indiquer la place des antennes : les mandibules sont courtes, robustes, si exactement jointes que je ne puis pas voir si elles sont dentées. Il y avait de plus un petit tas de matières noires avec des taches blanches formées par du méconium. Je présume que la victime était un Coléoptère. 35. Ephialtes divinator Kossî. Ichneumon divinator Rossi, II, n° 776. Ephialtes divinator Grav., Ichn. europ., III, 252, 113. Pimpla ephippiatoria Duf. etPerr., 1. C. Parasite fréquent de Trypovylwi fyulus, de Cénu>nus unicolw et très* Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. A87 probablement d'autres espèces rubicoles. Sa larve est blanche, apode, nue, non striolée, ni sensiblement mamelonnée, très-allongée et un peu atténuée aux deux extrémités. Elle ne se construit point de coque ; la nymphe est en contact direct avec les parois médullaires de la cellule. La tarière est couchée tout le long du dos. La description de la Pimpla ephippiatoria ne parlant pas de la fine bordure blanche des segments abdominaux, j'avais d'abord hésité à regar- der cette espèce comme identique avec celle de Gravenhorst, quoique tout le reste concordat parfaitement. J'ai à présent sous les yeux un couple original que je dois encore à M. Perris, et j'y trouve cette bordure. Mais elle manque quelquefois, comme le montrent plusieurs de mes échantil- lons; c'est sans doute sur cette variété que la description a été faite. Les éclosions ont eu lieu, à Grenoble, à la fin d'avril et pendant le mois de mai. 36. Ephialtes mediator Gr. Ichneum. europ., III, 256, 115. Espèce très-ressemblante à la précédente , mais distincte surtout par la longueur de la tarière, qui égale ou même dépasse celle de tout le corps. C'est encore un parasite de Cemonus unicolor. La Pimpla marginellatoria des auteurs du mémoire a beaucoup de rap- port avec elle et sa tarière est de même longueur. Il se pourrait , à mon avis, qu'elle n'en fût qu'une variété. Gela est d'autant plus probable que les auteurs n'étaient pas éloignés de la regarder comme une variété de Ylchneumon histrio Pz. que Granvenhorst rapporte à son espèce. Cette variété se distinguerait en ce que les orbites externes sont blanches et que la femelle a de plus le métathorax rouge. M. Perris m'a communiqué un mâle étiqueté marginellatoria; mais cet Insecte, un peu différent de la description, est peu propre à lever les doutes. Il a bien les orbites en- tières blanches, mais de plus deux taches sur le devant du mésothorax, deux lignes sur sa partie postérieure et deux points sur le métathorax, qui n'existent pas chez l'espèce type. L'aréole est aussi brièvement pétio- lée. Est-ce encore une autre variété? Je le soupçonne. 488 J. GlRAUD. 37. Perilampus LiEViFRONS Daim., Pterom., 115,3. Je n'ai obtenu cet Insecte qu'une fois des tiges de la ronce. J'ignore quelle avait été sa victime. Plusieurs espèces sont parasites desTortrix, genre de Lépidoptères dont j'ai aussi rencontré une espèce dans la même plante. Je suis très-porté à croire que c'est à ses dépens qu'il avait vécu , comme il le fait aussi pour la Tortrix Klugiana.Mais il est vrai que les Perilampus sont très-vagabonds et s'adressent à des Insectes d'ordres différents. J'ai v sortir des cocons de YAihalia spinarum , le Perilampus violaceus qui attaque aussi la Tortrix viridana, et je suis à peu près certain que le P. micans et une espèce nouvelle sont parasites du Lyctus canaliculatus. Diomorus Kollari Fôrster. Verhandl. des naturhist. Vereins des preuss. Rheinlandes, vol. 16 (1859). Cupreo-viridis, scrobiculato-punctatus : antennarum scapo pedibusque rufis, coxis viridibus, inermibus* femoribus poslicis crassis, dentatis, eu- preo-nitentibus ; alarum nervo radiait incrassato, subquadrato , dentato; terebra abdominis longitudine. <$ $. Long. 5 mill. Le genre Diomorus créé par Walker (Ent. Mag. II, 159) n'est peut-être pas suffisamment distinct du genre Monodontomerus Westw., qui a été démembré des Callimome Spin. = Torymus de la plupart des auteurs. M. Walker n'a décrit qu'une espèce (D. nobilis) qui est très-différente de celle-ci et de la suivante. Corps robuste, ramassé, faiblement pubescent. Tête et thorax d'un vert cuivreux à reflets dorés, très-fortement ponctués ; les points formant de petites fossettes comme dans le genre Perilampus. Antennes épaisses, assez courtes, noires, avec le scape ferrugineux et le pédicelle d'un vert métal- lique. Palpes noirs. ïhorax un peu gibbeux, les sillons des parapsides pro- fonds; écusson marqué d'une bande étroite, lisse, tout près du bord apical; Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. Zi89 métathorax scrobiculé sur le dos, lisse sur les côtés. Abdomen gibbeux, contracté, comprimé, plus étroit que le thorax, luisant , et d'un vert cui- vreux; le premier segment vert à la base, les derniers avec des points pi- ligères dans leur première moitié; tarière de la longueur de l'abdomen. Pattes fortement ponctuées, d'un ferrugineux testacé; les hanches de la couleur du thorax, celles de la dernière paire très-fortes, les troehanters bruns, les cuisses postérieures dans une étendue variable et les antérieures avec un trait à la base, d'un vert cuivreux; les postérieures, qui sont épaisses, un peu aplaties et armées d'une dent noire vers le bout du bord inférieur, passent plus ou moins au roux ou au testacé cuivreux vers l'ex- trémité : les tibias postérieurs d'un rougeâtre métallique plus intense que les antérieurs; leur base et celle du premier article de leur tarse blan- châtre; cette couleur à peine indiquée aux paires antérieures. Ailes hya- lines, les antérieures très-légèrement enfumées sur la disque, les nervures brunes, la radiale courte, arquée, épaissie sur sa convexité en forme de point quadrangulaire, émettant à ses angles postérieurs un trait nébu- leux. Le mâle ne se distingue que par l'absence de la tarière. Cette belle espèce ayant été publiée dans un recueil que peu de biblio- thèques particulières possèdent, j'ai cru devoir en donner la description détaillée. Elle avait été envoyée à l'auteur par Kollar, ancien directeur du Musée de Vienne, qui l'avait obtenue des tiges du panais (Pastinaca), et auquel je suis aussi redevable d'un exemplaire original. Ceux que j'ai eus de la ronce y avaient vécu en qualité de parasites du Crabro rubicola. L'éclosion a eu lieu à Grenoble aux mois de mai et de juin. Il se trouve aussi aux environs de Paris. 39. Diomorus calcaratus Nées. Torymus calcaratus Nées ab Esenb., Mon. Hym., II, Zi9, 20. c?. La femelle étant inédite, je crois utile de donner les détails suivants : Violaceus aut viridi-violaceus, pubescens, scrobicutato-punctatus : facie virescente; abdomine viridi-aureo, nUidissimo ; pedibus violaceis , tibiis tarsisque testaceo-ferrugineis, coxis inermibus, femoribus posticis incras- 490 J. GlRAUD. satis, valide dentatis; sculello apice polito; terebra corpore tongiore, pat- lida, valvis ni gris. 3 Ç. Var. Ç. Femoribus posticis metallico-rufis. Long, ç? 3-4, $ U-5 mill. Tout le corps revêtu d'une pubescence grise assez abondante. Tête et tborax violets, quelquefois mêlés de verdâtre, à ponctuation grossière, en petites fossettes comme chez l'espèce précédente, mais moins forles : face verdâtre. Antennes noires, le scape et le pédicelle violets, le premier un peu rougeâtre à la base chez la femelle; flagellum plus long et moins épais que chez l'autre espèce. Écusson lisse au bout ainsi qu'un petit es- pace sur les flancs du métathorax : celui-ci ponctué sur le dos comme le reste du corselet. Abdomen contracté, gibbeux, comprimé sur les côtés, doré, à reflets verdâtres, ou d'un vert doré très-brillant : les segments parsemés de points piligères : le premier ventral chez la femelle, très- grand, recouvrant les suivants presque en totalité sous forme de lame écailleuse. Tarière dépassant un peu la longueur du corps, de couleur pâle ou blanchâtre, ses valves noires. Pattes violettes; les tibias et les tarses d'un testacé ferrugineux; les cuisses postérieures épaisses, un peu arquées, fortement dentées et ponctuées. Ailes hyalines, la nervure radiale médiocrement épaissie, la post-marginale à peine plus longue qu'elle. Dans la variété de la femelle, les cuisses postérieures sont entièrement d'un rougeâtre métallique et le thorax est plus nuancé de vert. J'en dois la connaissance à M. le colonel Goureau, qui a eu l'obligeance de m'en communiquer trois individus sortis de la ronce avec l'espèce typique. Les larves trouvées dans les cellules du Stigmus pendulus, et dont il a été parlé, sont celles de ce parasite. Elles ont produit des mâles. Obs. Un seul point de la description de Nées ne s'applique pas exacte- ment à cet Insecte. L'auteur dit : « Puncto rami-stigmatici indistincto. » Ici ce point est sensible, mais plus faible que chez quelques autres espèces. Je n'ai pas cru devoir attacher une grande importance à ce trait, qui ne repose que sur l'inspection d'un individu. llO. EURYTOMA RUBICOLA, nOV. Sp. Nigra, cano-pubescens, scrobiculato -punctata : abdomine compresse* , Insectes qui habitent les tiges sèches de ta Ronce, 491 polito, nitido; genubus, tibiarum apice tarsisque pallide testaceis; orbitis facialibus linea elevata notatis; fossuta frontali profunda, marginata, infra angulosa ; alis hyalinis. $. Abdomjnis apice producto, conico, $. Antennis serratis, longe pilosis, articulis flagelli emarginatis. Long. J 3-4, $ h mill. Dans un genre qui compte.de nombreuses espèces ayant toutes une ressemblance désespérante, ce n'est qu'avec hésitation que je me décide à en publier une comme nouvelle. L'indication des mœurs me servira d'excuse. Je me suis assuré avec tout le soin possible qu'elle ne se rap- porte à aucune de celles décrites dans les ouvrages de Nées d'Esenbeck, de Ratzeburg, de Fôrster, et je ne la trouve pas davantage parmi les espèces inédites que je tiens de la libéralité du dernier de ces auteurs. $. Forme comprimée et svelte pour le genre. Pubescence très-courte et blanchâtre. Tête et thorax ternes, densément couverts de points ou fos- settes ombiliquées, à bord ruguleux, vaguement disposées en lignes per- pendiculaires sur la face . Yeux d'un rouge de corail. Orbites faciales par- courues par une ligne peu élevée, mais distincte, surtout vue de côté, parallèle au bord des yeux, qu'elle ne touche pas. Fosse frontale pour la réception des antennes profonde, à bords tranchants et un peu relevés vers le bas des côtés, en forme d'angle saillant. Antennes pubescentes, noires, à l'exception de l'extrême base du scape, qui est ferrugineuse ; le flagellum progressivement épaissi. Abdomen aussi long que le reste du corps, plus étroit, très-gibbeux vers la base, le bout très-avancé en pointe conique, le pétiole court, ruguleux, les anneaux très-brillants, lisses, les derniers avec quelques points piligères. Pattes selon la diagnose. Ailes hyalines, les nervures d'un brun pâle, l'écaillé noire. cf. Antennes noires, à peu près aussi longues que la tête et le thorax, abondamment pourvues de poils gris-blanchâtres qui ont la longueur de deux articles environ ; le flagellum de sept articles très-distincts , joints par le bord inférieur et formant, par l'amincissement de leur bout, un isthme un peu moins long que le reste, qui est échancré en avant et tu- bercule aux angles de Téchancrure. Abdomen comprimé et gibbeux , plus court que chez la femelle et obtus au bout, porté par un pétiole ruguleux preeque aussi long que lui. Par la conformation des antennes du mâle et plusieurs autres traits de 492 J. GlRAUD. ressemblance communs aux deux sexes, cette espèce est sans doute très- voisine de YEurytoma plumata (Chrysis plumata Rossi — Cynips serratulœ Fabr.), parasite très-fréquent de Trypeta car dut, qui produit de grosses galles sur les tiges de Girsium (Serratula) arvense, mais elle est distincte comme espèce. Chez YEurytoma plumata, les antennes du mâle ont des poils moins longs, les articles du flagellum sont moins échancrés en avant et le dernier est moins séparé du précédent. On ne voit pas, dans cette espèce, la ligne orbitale dont j'ai parlé. L'abdomen est plus court, moins gibbeux, le bout anal peu saillant : un pointillé très-fin couvre presque tous les segments et en amoindrit l'éclat. La couleur claire des pattes est enfin plus ferrugineuse. Larve. Blanche, molle, ovoïde : tête très-petite, concolore ; mandibules rousses, les autres organes difficiles à distinguer à la loupe ; segments portant quelques poils raides, un peu bosselés sur le dos ; ces bosselures ou pseudopodes, comme les appelle Réaumur, moins saillantes que chez les larves du même genre qui habitent les galles du chêne. Cet insecte est éclos, en mai et juin, des coques ou des cellules des Crabro rubicola, Trypoocylon figulus, Cemonus unicolor, Prosopis confusa et Osmia leucomelana. Dans une coque de cette dernière il avait dévoré la nymphe déjà bien colorée d'un Cryptus bimaculatus dont toutes les pièces avaient été désarticulées, mais qui étaient très-reconnaissables. Ce cas de parasitisme au deuxième degré n'est pas très-rare chez les Eury- toma ; je l'ai observé quelquefois dans les galles du chêne ; la victime, alors, était une nymphe de Gallimome qui se trouvait dans les mêmes conditions que ce Cryptus. 41. Omalus auratus Dahlb. Hymenop. europ., II, 26, 8. Hedychrum minimum Duf. et Perr., 1. c. J'ai avancé, dans un mémoire sur les Insectes du Roseau, que YHedy- chrum minimum Duf. et Perr. était identique avec YOmalus auratus Dahlb. Je vois, par une communication de M. Perds, que je ne m'étais pas trompé. Insectes gui habitent les tiges sèches de la Ronce, 493 Parasite de Cemonus unicolor et, sans doute, d'autres espèces rubi- coles. Il attaque des insectes très-divers, comme le prouve l'observation de Bouché, qui l'a trouvé chez le Nematus grossulariœ. Ainsi que tous les Chrysidiens, il se construit une coque, qui a été exactement décrite par les auteurs du mémoire bien des fois cité. 42. Ghrysis cyanea F., Syst. Piez., 176. Ce petit Chrysis n'est pas rare dans les tiges de la ronce. Il y vit en parasite de Trypoœylon figulus et de Nitcla Spinolœ. Dans la cellule qu'il habite, au lieu de la coque de la victime, on trouve la sienne qui est un peu plus épaisse, longue de 5 mill., cylindrique, formée d'une membrane rousse, un peu brillante, très peu transparente. Son bout supérieur est coupé droit, l'inférieur s'appuie sur un petit tas de débris mêlés des dé- jections de la larve. Les éclosions ont eu lieu vers la fin de mai. 43. Chrysis splendidula Rossi. Faun. etr. édit. Illig., I, 125, 850. — Dahlb., Hym., II, 254. 141. Je n'ai vu qu'un individu de cette espèce rare. Il était mort, mais très bien conservé, dans une cellule d'Odynerus lœvipes aux dépens duquel il avait vécu. Sa coque était détruite en grande partie. 44. Chrysis indigotea Duf. et Perr.j 1. c. Chrysis indigotea Dahlb., Hym., II, 208, 113. Je n'ai pas observé moi-même cette jolie espèce dans la ronce. Dahl- bom, qui en a donné une description très complète, cite avec un signe de doute le mémoire de MM. Dufour et Perris. Je suis à même d'affirmer, k$l\ J. GlRAUD. par l'inspection d'un exemplaire original reçu de M. Perris, que c'est bien positivement la même espèce (1). Zi5. Stelis minuta Lep., Hym., II, 529, 3. Petite Andrênide de la division des Cûcullines qui se trouve assez rare- ment dans les tiges de la ronce. Je ne l'ai pas rencontrée dans celles que j'ai observées en grand nombre dans le département de l'Isère, mais je l'ai obtenue à Lubiana, en Carniole, et à Paris. Elle est parasite de YOsmia leucomelana, d'après mes observations. Sa coque, qui a été bien décrite par les auteurs du mémoire si souvent cité, est remarquable par le mame- lon saillant qui termine son bout supérieur. Cette conformation se retrouve chez les autres espèces, entre autres chez les Stelis pygmœa Schenck et nasuta/Lep. 46. Zonitis mutica Fabr. Ënt. Syst., I, pars 2% A9, 3. Ce Coléoptère est aussi un des habitants de la ronce. La science possède déjà des observations du plus haut intérêt sur les mœurs de plusieurs genres de la petite famille des Méloïdes, à laquelle cet insecte appartient; mais je n'ai rien trouvé de particulier sur le genre Zonitis dans les auteurs qu'il m'a été possible de consulter. Ce motif m'engage à faire con- naître les particularités, malheureusement très-incomplètes, que les cir- constances m'ont permis de saisir. J'ai trouvé, à Grenoble, ce Zonitis dans les cellules de YOsmia tridentata, dans le voisinage d'autres cellules qui avaient échappé aux atteintes du parasite et qui m'ont produit leur (1) Le Chrysis obtusidens des mêmes auteurs, dont j'ai aussi sous les yeux un exemplaire original, est extrêmement voisin du C. ignita L. Il ne se distingue que par la brièveté des dents du dernier segment, dont les deux externes sont plus émoussées et par la plus grande régularité de la ligne de points qui les précède. Il est plus difficile encore de le distinguer du Chrysis œstiva Dahlb., qui a à peu près la même conformation du dernier segment ; mais cette espèce est un peu plus petite et sa patrie est l'île de Rhodes, Insectes gui habitent tes tiges sèches de la Ronce. 495 légitime possesseur. L'examen fait au mois de juin de plusieurs tiges d'où commençaient à sortir des Osmies me fit reconnaître quatre cellules qui, au lieu de la coque ordinaire de ces Hyménoptères , en renfermaient une bien différente, déjà lacérée vers le bout supérieur par l'insecte qu'elles contenaient €i qui ne tarda pas à en sortir : c'étaient des Zonitis, aux- quels je venais de faciliter leur délivrance. Voici ce que j'ai vu : Coque. Une première enveloppe d'une extrême ténuité, blanche, pel- lucide, à surface un peu plissée, présentant une série de huit ouvertures sligmatiques, circulaires, reliées entre elles par des rameaux trachéens ; la dernière paire, indiquée seulement par un point roux, à peine en relief et sans ouverture apparente. Tous ces stigmates paraissent appartenir à l'abdomen. La région thoracique étant déchirée, il n'est pas possible de retrouver ceux de cette partie. Mais sur les lambeaux je rencontre trois paires de petites pattes armées de leur crochet et de quelques soies courtes et raides. Dans l'espèce de sac que forme cette enveloppe et à la faveur de sa transparence, on aperçoit une coque ressemblant à une pupe de Diptère, d'un roux marron clair, de forme presque cylindrique, à extrémités arrondies et très-faiblement inclinées du côté du ventre ; sa longueur est de 11 mill. environ et son diamètre transversal de l\ ; sa sur- face est finement coriacée ou plutôt un peu grenue et n'a que peu d'éclat. Elle semble nue, à la première vue; mais, examinée à la loupe dans une position oblique, elle paraît couverte de poils très-courts et assez denses. Son tissu est sans transparence, dur et cassant. Sur les côtés se trouvent encore les séries des orifices stigmatiques entourés d'un anneau brun ; la dernière paire paraissant aussi oblitérée. Mais je puis constater sur le second segment du thorax mieux conservé une autre paire, ce qui en porte le nombre à neuf. Chacun des segments thoraciques a une paire de petits tubercules ou mamelons correspondant à la place des pattes ; ceux de la première beaucoup plus faibles que les autres. L'extrémité cépha- lique porte, en dessous, une légère bosselure dans laquelle on reconnaît la forme de la tête ou plutôt son masque. Les deux lèvres sont séparées par une rainure et de chaque côté se trouvent deux petits mamelons. Plus en arrière et sur le milieu du premier segment, entre les tubercules cor- respondant aux pattes, une petite dépression en forme de fossette angu- leuse. Le bout anal n'a qu'une petite fossette cordiforme, à bords simples, ni relevés ni striés. L'intérieur de celte coque est, en outre, tapissé par une troisième membrane, pâle et mince comme la première, mais moins transparente et paraissant plus solide. C'est la dernière chemise de la nymphe. Z|96 J. GlRAUD. Voilà encore un cas d'hypermétamorphose et des pseudo-chrysalides si bien décrites par M. Fabre dans sa remarquable Histoire des mœurs des Sitaris. Les détails que je viens de donner sur ces curieuses coques res- semblent tellement à tout ce qui a été dit sur celles de ce dernier genre, qu'on pourrait croire que ma description est calquée sur celle de l'habile observateur que je cite. Que conclure de cette identité de procédés dans deux genres, d'ailleurs très voisins ? Sinon que les mœurs des uns et des antres doivent se ressembler extraordinairement. M. Fabre pressentait cette affinité, quand, à propos d'une coque semblable trouvée dans un nid de GhcUicodoma muraria, dans une contrée où les Sitaris manquent, il se demandait si elle ne serait pas celle d'un Zonitis. Mon observation confirme cette judicieuse supposition. Il sera facile, en observant la ponte des Zonitis, d'obtenir les jeunes larves et de constater leurs rapports avec celles des Méloïdes connues sous les noms de Triangulinus andreneta- rum Duf. et de Pediculus melittœ Walken. Je suis heureux d'avoir pu fournir aux observateurs une indication d'habitat qui puisse les guider dans leurs recherches pour compléter l'histoire des Zonitis. CHAPITRE TROISIÈME. Autres Insectes rubieoles. 47. Malachius bipustulatus Fabr. Gassida %-pustulata F. , I, 306, 65. J'ai rencontré, le 22 mars, dans une tige de ronce, la larve de ce Coléoptère dans une galerie étroite creusée dans la moelle et ne conte- nant pas autre chose. Dans le voisinage il n'y avait aucune trace de travail qui annonçât un autre insecte. Cette larve, transportée dans un petit réduit creusé exprès dans un autre morceau de moelle, y a subi sa dernière transformation et produit un insecte parfait du sexe mâle. Ne Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. 497 me rappelant pas alors qu'elle était connue, je l'avais décrite avec soin. Mais je trouve dans les Annales de notre Société (1852, p. 591) la descrip- tion, par M. Perris, d'une larve semblable, qui est celle du Malachius seneus F. Je me borne donc à donner quelques détails comparatifs : Larve. — Long. 10 mill. — Tout ce qui concerne les détails anatomiques est identique dans les deux espèces, mais la coloration paraît autrement nuancée. La teinte générale du corps de notre espèce est d'un rougeâtre sale. La tête, la plaque cornée en boutonnière du premier segment thora- cique ainsi que les plaques latérales en virgule de ce segment et des deux suivants, de même que le segment anal, sont noirâtres au lieu d'être fer- rugineux comme chez le M. œneus. Les pattes sont d'un roux noirâtre. J'ajouterai encore que, derrière les antennes, je n'ai noté que trois ocelles de chaque côté, sous forme de petites élévations arrondies, lisses, noires, isolées les unes des autres et disposées en triangle. Est-ce inattention de ma part ? Dans chaque groupe , M. Perris en a compté quatre, un peu autrement disposés. Cet auteur regarde les larves des Malachius comme carnassières. Les conditions dans lesquelles j'ai trouvé celle du bipustulatus ne m'ont rien appris à cet égard : il n'y avait dans son voisinage rien qui pût fournir une nourriture animale ; mais on pourrait admettre qu'après avoir vécu dans d'autres points de la tige et en vertu de ses moyens de locomotion, elle avait pu s'en éloigner pour chercher un réduit convenable pour sa transformation, dont l'époque approchait. C'est le 15 mai que le Malachius mâle a paru. Peu de jours après, une femelle est sortie d'une tige qui n'avait pas été examinée. 48. Dasytes flavipes F. Comme le précédent, ce petit Coléoptère vit aussi dans la ronce. Je n'ai pas observé ses mœurs qui, probablement, ressemblent à celles des Malachius. M. Perris en a aussi décrit et figuré la larve dans son ma- gnifique travail sur les Insectes du Pin maritime (Ann. Soc. Ent., 1854, p. 599). Û98 J. GlRAUD. 49. Dasytes coeruleus F. A la fin d'avril, ce Dasytes est sorti d'une vieille tumeur galliforme produite sur les tiges de la ronce par le Diastrophus (Cynips) rubi Bouché. L'ouverture par laquelle il s'était dégagé se distinguait de celles faites par les Diastrophus par sa plus grande dimension. Elle conduisait dans une galerie un peu tortueuse, creusée en long dans le centre de la tumeur, qui mesurait trois centimètres, et qu'elle parcourait d'un bout à l'autre. Son intérieur était rempli de parcelles de moelle détachées par l'insecte et refoulées derrière lui. Dans le bout opposé à l'orifice de sortie se trouvait la dépouille desséchée et ratatinée de la larve. Ce que j'ai pu reconnaître dans ces restes est en parfait accord avec la description de cette larve que M. le docteur Laboulbène a publiée dans les Annales de la Société (1858, p. 513). Elle paraît se distinguer de celle du Malachius œneus en ce que son dernier segment est couvert d'aspérités piligères plus nombreuses et commençant près de sa base. Si, comme l'a annoncé M. Perris, les larves des Malachius sont carnas- sières, il n'est pas surprenant que celles des Dasytes, qui ont avec elles de si grands rapports, le soient également. Selon lui, la larve du flavipes dévore celles du Tomicus bidens et, au besoin , les excréments qui se trouvent dans ses galeries. J'ai cherché à me rendre compte de quelle manière celle de notre espèce avait pu vivre dans la galle de la ronce. En examinant la galerie, je ne pouvais pas d'abord comprendre comment cette larve aurait - pu se nourrir de celles du Diastrophus, car elle se tenait à quelque distance des coques ovales qui renferment ces gallicoles et qui se trouvent à la périphérie de la tumeur, où elles produisent de petites bosselures. Ces bosselures étaient perforées par les insectes qui en étaient sortis ; par conséquent ils n'avaient pas souffert du voisinage du Dasytes. Mais le fond de la galerie où se trouvait la dépouille dont j'ai parlé correspondait à deux bosselures non perforées au dehors et dont la très-petite cavité était en communication avec elle. C'est dans ce point que la larve prédatrice avait pu atteindre les jeunes larves du Diastrophus, et c'est aussi pour cette raison que ces bosselures et leur coque parais- saient avortées. Cette interprétation me semble assez vraisemblable. Le reste de la galerie, d'une longueur assez considérable, m'a paru l'œuvre Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce. 499 de l'insecte parfait, cherchant à se dégager et ayant pris le chemin le plus long. Sans parler de quelques espèces qui cherchent quelquefois dans la ronce un abri pour y passer l'hiver, j'ajouterai qu'il n'est pas rare de rencontrer, vers l'orifice des tuyaux, des cocons d'Hemerobius. J'ai obtenu de ces cocons deux parasites, un Ichneumonien et un Chalcidien, qui méritent une courte mention. 50. Hemiteles œstivalis Gr. Ichn. europ., II, 805, 2Ziû, et Hem. palpator, var. 2, p. 820. Hemiteles œstivalis Ratzb., Ichn. Forstins., I, 152, 11, ç?. Microgaster perles Doumerc, Ann. Soc. Ent. Fr., 1855, Bull., p. lxxxii. Acœnites perlœ Sichel, ibid. , Bull., p. lxxxviii ; Emend., Hemiteles floricolalor, var., Bull., p. xcvi. Le moyen le plus sûr pour arriver à la connaissance précise des espèces est sans doute l'observation de leur éclosion et de leur provenance. On acquiert par là tout à la fois la notion exacte des deux sexes et la mesure des variations qu'ils peuvent offrir. Ce secours est surtout précieux et quelquefois indispensable pour certaines espèces dont les formes sont peu tranchées et les couleurs variables. VHemiteles œstivalis est de ce .nombre. Ratzebourg a obtenu, d'un cocon dUemerobius, un mâle qu'il a, à juste titre, rapporté à YH. œstivalis Gr. Les détails qu'il donne sur cet insecte ne me laissent pas douter qu'il n'appartienne aux femelles que j'ai eues de YHemerobius perla. Mais ces femelles diffèrent un peu, par la distribution des couleurs, de celle de YH. œstivalis décrite par Gra- venhorst ; je crois qu'elles n'en sont qu'une variété. Elles se rapportent très-bien à la variété 2 de YH, palpator Gr., qui doit être séparée de l'espèce type, dont elle diffère par son mélathorax mutique et autrement sculpté. Cette sculpture, très-bien appréciée par Ratzebourg, paraît être le trait saillant de l'espèce œstivalis. Le métathorax est convexe, tronqué peu obliquement, à angles postérieurs arrondis, et relevé, sur le dos, de lignes saillantes circonscrivant six aréoles, deux de chaque côté et deux médianes, dont l'antérieure (supero-media) est remarquablement courte, mais très-large, et la postérieure (postero-media), plus grande, est plu» 500 J. Giraud. — Insectes qui habitent les tiges sèches de la Ronce longue que large. Le fond de ces aréoles est ruguleux, et celui de la médiane antérieure comme striolé longitudinalement. Cette sculpture est la même dans les deux sexes. Le mâle, signalé d'abord par M. Doumerc et revu par M. Sichel, provenant aussi de V Hemerobius perla, est de la même espèce. Il se rapproche plus, par la couleur, de la femelle que j'ai indiquée que du mâle décrit par Ratzebourg. Les uns et les autres ne sont, à mes yeux, que des variétés. La sculpture l'indique et l'origine commune le confirme. Ce mâle, que M. Sichel a plus tard placé avec raison dans le genre Hemilelcs, n'est pas, comme il l'a cru, une variété de l'espèce floricolalor. La femelle a une tarière plus courte ou à peine de la longueur de la moitié de l'abdomen, au lieu que chez le floricolalor cet organe a une longueur double ou égale à celle de l'abdomen tout entier. Dans cette espèce le métathorax est finement pointillé; ses aréoles sont bien moins marquées et la médiane antérieure est aussi haute que large et de forme polygonale. 51. Pteromalus Boucheanus Ratzb. Ichn. der Forstinsect., I, 196, 19. Ce petit Chalcidien est un parasite très-vagabond. Il attaque un grand nombre d'espèces de genres et même d'ordres différents : il n'est pas rare de le rencontrer chez d'autres parasites. Il se place dans la nouvelle coupe générique établie par M. Fôrsler, sous le nom de Dibrachys, et caractérisée surtout par la brièveté de la nervure postmarginale.