LES COPROPHAGES DE L'ARCHIPEL MALAIS [COLÉOPT.] par A. Boucomont. En présentant cet essai, j'ai voulu mettre en valeur les importants matériaux de l'ancienne collection Neervoort van de Poil, composée en majeure partie d'insectes reçus directement des pays d'origine, et aussi ceux que m'adressa jadis un jeune collecteur mort prématurément à Java, Henri Rouyer. Quelque imparfait qu'il soit, il rendra, je l'espère, assez de services pour justifier sa publication. Son plus grand mérite réside dans la certitude qu'on peut avoir de la sincérité des prove-nances; ce point est essentiel en raison de l'intérêt que présente l'étude des faunes insulaires. La région que nous étudions est ce qu'on appelle aujourd'hui l'In-sulinde ou archipel asiatique ('), c'est-à-dire Sumatra, Java, Bornéo, Célèbes, Moluques, Philippines et accessoirement la presqu'île de Ma-lacca, qui forme le trait d'union zoologique entre le continent et l'ar-chipel; malheureusement les matériaux sont maigres pour ces deux dernières régions, surtout les Philippines qui contiennent encore un grand nombre d'espèces inédites que j'ai vues disséminées dans les collections. A la différence de Lansberge qui a étudié les Onthophagus des Indes Néerlandaises, nous laisserons complètement de côté la Nou-velle-Guinée dont la faune est plutôt australienne. Le tableau suivant donnera une idée de la distribution géographi-que. Il résulte de ce tableau que notre faune a une grande affinité avec celle du continent asiatique, puisque plus de 23 % des espèces de l'Ar-chipel se rencontrent en Asie continentale. Il est à remarquer que parmi les espèces communes avec le continent, celles qui sont exclusi-vement malaises, c'est-à-dire que l'on ne trouve que dans la presqu'île de Malacca et l'Archipel, sont relativement peu nombreuses; elles ne représentent que 8 °/ de la totalité, soit environ le tiers de ces espèces communes. Autre fait remarquable, quelques espèces (cinq Copropha-(1) La dénomination que nous adoptons « Archipel Malais » est peut-être moins scientifique au point de vue géographique et ethnique, mais elle est très usuelle en zoologie et a l'avantage d'être plus caractéristique.