LES COPRIDES DE LA MALAISIE J. W. VAN LANSBEEGE. Il est un fait qui frappe tous les explorateurs de la faune entomologique de la Malaisie et de la Papouasie. C'est la rareté des représentants de certaines familles de Coléoptères fort nom-breuses dans presque toutes les autres contrées de la terre. C'est ainsi qu'on a de la peine à trouver des carnassiers et d'autres Coléoptères épigés et qu'on cherche en vain ces masses de phyto-phages, qui en Europe et en Amérique sont si souvent les fléaux du règne végétal. La nature a distribué ici d'une autre manière les rôles dévolus ailleurs aux différents membres de la grande famille des insectes. Ce sont les fourmis qui se chai'gent des travaux de la voirie publique, incombant ailleurs aux Carabiques, Staphylins, Histérides , etc. ; ce sont les Hémiptères qui remplacent les phyto-phages dans le soin de mettre obstacle au trop grand envahissement des végétaux. La vie coléoptérologique s'est réfugiée là où les membres de ces deux ordres laissaient le champ libre, c'est à dire au sommet et dans les troncs des arbres. Mais là elle est représentée abondamment et de la manière la plus brillante par des milliers de Cérambycides , par des Curculionides gigantesques , par les plus grands et les plus beaux Lucanides , par de nombreux Scarabaeides. Dans cette dernière famille ce sont surtout les grands Dynastides et Mélolonthides qui pullulent quelquefois. Les Coprophages, par contre , sont relativement rares , ce qui est d'autant plus étonnant que la Malaisie est peuplée de grands pachydermes et ruminants