— 10 —
est constitué par une race à tête courte, à crâne sensiblement développé
eu hauteur, avec une face moyenne, plutôt liasse qu'élevée; les orbites sont
peu développés dans le sens vertical; le nez est moyen, et, lorsque les in-
dividus n'offrent pas cette forme nasale, ils se montrent fréquemment pla-
tyrhiniens.
Si incomplète que soit cette description, elle suffira, je pense, à vous
convaincre du grand intérêt qu'offre la série de têtes osseuses gracieuse-
ment offerte au Muséum par M rae Bel. Vous comprendrez mieux encore la
valeur de cette collection lorsque je vous aurai rappelé les difficultés que l'on
rencontre au Siam pour se procurer des pièces ostéologiques. Vous n'ignorez
pas, en effet, que les Siamois ont la coutume de brûler leurs morts, et
que cet usage s'étend à toutes les classes de la société. Parfois, avant de
mourir, un individu exprime le désir que son cadavre soit dévoré par des
Vautours ou des Corbeaux. Ses vœux sont exaucés, et, après sa mort, on
dépèce son corps et on le jette en pâture à des Oiseaux de proie élevés dans
des pagodes. Ces mœurs étranges nous ont été depuis longtemps révélées
par les voyageurs; mais, aujourd'hui, nous avons plus que des récits, nous
possédons des photographies qui représentent la scène. Ces photographies
ont été rapportées par M. le comte de Barthélémy qui a bien voulu nous
les communiquer et nous permettre d'en faire des clichés à projection.
Elles me paraissent assez curieuses pour mériter d'être placées sous vos
yeux.
Qu'un Siamois soit dévoré par des Oiseaux de proie, qu'il soit incinéré
sur un bûcher, il n'est guère plus facile dans un cas que dans l'autre de
se procurer ses ossements. Aussi devons-nous féliciter M me Bel d'avoir
réuni une série de vingt-six têtes osseuses dans un pays où il est si difficile
de rencontrer des crânes. Grâce à sa générosité, notre établissement n'a
plus rien à envier, en ce qui concerne le Siam, aux collections étrangères;
il paraît même certain que, à l'heure actuelle, nous venons au premier
rang.
/ VK INTÉRESSANTE H) ftlUCHNIDE .NOUVELLE,
PHO] 'ENANT DES RECOLTES DE M. GeàY AU VENEZUELA,
PAR SlG. THOR, CONSERVATEUR DU MuSEUM ZOOLOGIQUE
À Christiania (Norvège).
Pendant un court séjour à Paris j'ai obtenu les moyens d'étudier la col-
lection des Acarina du Muséum, grâce à l'amabilité de M. le professeur
Bouvier, qui m'a pourvu d'une place pour travailler dans son laboratoire
d'entomologie et qui a mis les collections à ma disposition, notamment
quelques llydrarhnides récemment ( 1 8 9 5 ) recueillies par un voyageur,
M. Geay, dans les lagunes (\o Buria, entre l'Apure et l'.Arauca, Venezuela.